To The Moon

  • Titre original : To The Moon
  • Année de production : 2011
  • Genre : Point & Click, Aventure graphique
  • Editeur : Freebird Games
  • Développeur : Kan Gao

To The Moon … Il y a beaucoup de choses à dire sur ce jeu. Je ne sais pas vraiment par où commencer. Prenons les choses dans l’ordre. To The Moon nous propose une aventure tout en pixel d’une beauté rare. Laissez-moi situer le contexte du jeu. Johnny, un vieux monsieur, est sur son lit de mort. Il fait appel à une entreprise, Sigmund Corp, dont la mission est de réaliser le dernier souhait de ses clients.

Les deux employés chargés de cette mission, et qu’on incarnera tout au long du jeu, sont Eva et Niels. Ils se rendent donc auprès du vieil homme pour en savoir plus et tenter de réaliser leur mission. Ils apprennent que leur mission consistera à envoyer Johnny sur la Lune. Pour y parvenir ils vont devoir remonter dans les souvenirs de leur client, et les altérés de façon à ce qu’il croit à la fin qu’il a réellement été sur la Lune.

To River …

Voila ce que nous propose To The Moon. Nous allons donc voyager dans les souvenirs de Johnny, trouver des indices, résoudre les puzzle, remonter plus loin … Recommencer dans le souvenir suivant, et ainsi de suite. D’un point de vue du gameplay, le jeu se joue comme un point & click. On va interagir avec les différents éléments du décor pour pouvoir progresser. C’est très simple mais ce n’est pas le point fort du jeu. Donc je ne m’attarderais pas plus sur ce sujet pour attaquer ce qui fait de To The Moon un grand jeu d’après moi.

… To The Moon

La bande son de ce jeu est incroyablement belle ! C’est juste un bonheur à écouter. L’OST est arrivée directement dans mon iPod dès le jeu fini. C’est reposant au possible, mélancolique et plein d’espoir à la fois. Elle est juste parfaite et colle parfaitement à l’ambiance générale du jeu.

Le scénario étant l’élément central du jeu, sachez qu’il est très bien construit. Le rythme est parfaitement maitrisé. On passe par toutes sortes de sentiments, sans même s’en rendre compte. De la joie à la tristesse, de l’agacement à la compassion. Le jeu est un immense ascenseur émotionnel, et c’est là à mon avis le principal intérêt du jeu. La vie de Johnny n’est pas particulièrement spéciale. Je n’en dirais pas trop pour ne pas spoiler les gens qui souhaiteraient faire le jeu, mais il a eu une vie normale, comme n’importe qui pourrait en avoir. Avec ses drames et ses joies, et c’est ce qui, je pense, rend le personnage si touchant.

Par ailleurs les dialogues sont très bien écrits, de la même façon que le scénario, c’est parfois drôle, parfois dramatique, mais toujours justement et à aucun moment on est dans la surenchère.

Pour conclure To The Moon aborde des thèmes qui touchent tout le monde. On termine le jeu avec un vrai sentiment de joie et d’avoir vécu une expérience très particulière. Je ne peux que recommander cette petite perle du jeu indépendant !

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Zenge

  • Titre original : Zenge
  • Genre : Puzzle
  • Date de parution : 13 avril 2016
  • Développeur : Michal Pawlowski
  • Editeur : Hamster On Coke Games

Présentation de Zenge

Zenge est un petit jeu de puzzle. On fait face à une série d’énigmes (une soixantaine en tout). Chaque puzzle résolu nous dévoile un artwork, qui raconte l’histoire. Au final, je dois être tout à fait honnête, je ne suis absolument pas certain d’avoir saisi toute l’histoire. Ce n’est pas bien grave puisque le réel plaisir du jeu réside dans la résolution des puzzles. Et là c’est plutôt réussi. Les énigmes sont sympa, bien qu’assez simples. A part un ou deux niveaux, vous ne resterez pas bloqué plus de 5 minutes. Ce qui est potentiellement dommageable pour un jeu de ce genre.

Graphismes et bande son

Les niveaux sont accompagnés d’une musique absolument magnifique. Très agréable à écouter et qui colle parfaitement à l’ambiance posée du titre. Chaque fin de niveau, comme dit plus haut, débloque un artwork racontant l’histoire. Bien que jolis, tout n’est pas toujours très clair …

Durée de vie

On a donc deux heures de jeu, succès Steam inclus n’en ayant qu’un débloqué en finissant le jeu, et une rejouabilité quasi nulle puisque une fois terminés les puzzles n’ont pas d’interêt à être refaits.

C’est donc un jeu assez sympathique si vous cherchez un petit titre à faire entre deux plus intenses.

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1984 – George Orwell

  • Auteur : George Orwell
  • Année de publication : 1949
  • Origine : Grande Bretagne
  • Genre : Dystopie
  • Titre original : Nineteen Eighty-Four

1984 est le roman le plus connu de George Orwell. Il est d’ailleurs aussi un des romans les plus acclamés et considéré comme une référence certaine de dystopie, voir de science-fiction. A juste titre à mon avis. Le roman nous plonge dans une Angleterre ayant viré dans un régime totalitaire, entre stalinisme et nazisme.

Big Brother is watching you !

Le sujet de 1984 réside donc dans la description et la compréhension de cette nouvelle Angleterre totalitaire. Le Parti est arrivé a un point où il est en mesure de contrôler absolument tout ce qui se passe dans le pays. Il a réduit à néant toutes les envies, les joies, les colères, absolument tout ce qui donnerait l’occasion au peuple de penser. Le but est une soumission complète de l’être en tant que tel et de son esprit.

Ainsi il est plus facile de faire ce que l’on veut des gens et d’enrayer toute possibilité de révolte. Dans le même ordre d’idée, toutes les personnes qui ne respectent pas cette idée de soumission, cette rébellion ne se manifestant pas nécessairement par des actes, mais une simple pensée ou tic nerveux peut être interprété comme louche, sont arrêtées pour être interrogées et jugées.

Winston Smith vit dans cette Angleterre. Il est employé au ministère de la Vérité. Son travaille consiste en la modification des écrits du parti pour qu’ils correspondent à l’état actuel des choses. Typiquement si un an auparavant il a été écrit dans le quotidien officiel (en fait le seul quotidien de la ville) que tant de lacets pour chaussure aller être confectionnées, un an plus tard si les chiffres ne sont pas atteints, plutôt que d’avouer un échec ou une erreur, le quotidien sera réécrit pour correspondre à la réalité actuelle. De cette façon le Parti à toujours raison. Le problème de Winston est qu’il se rend compte de tout ça, il en vient à vouloir comprendre ce qu’il se passe. Et par dessus tout il veut une vie normale. Il va alors s’intéresser à la rébellion, va tenter de l’intégrer jusqu’à ce qu’il se fasse arrêter …

Mon point de vue sur 1984

Ce qui est frappant à la première lecture, c’est ce sentiment constant d’oppression. Tout est fait pour nous faire ressentir ce que Winston vit au quotidien. Au point de vérifier s’il n’y a pas une caméra qui traine dans la pièce. On se rend compte aussi que le monde envisagé par Orwell, n’est pas si éloigné de ce celui dans lequel on vit. Que ce soit dans nos démocraties occidentales, ou ailleurs. Et c’est ce qui pousse à la réflection. Les médias ont réellement ce pouvoir de réduire au plus bas nos capacités d’analyse et de compréhension de ce monde. En fait on nous dit ce qu’on veut bien nous dire, et à nous de prendre ça pour argent comptant.

Au final les 400 pages se tournent très rapidement. L’intrigue est intéressante et la fin m’a franchement surpris (je m’attendais à un autre dénouement moins dramatique). Je recommande très chaleureusement. A lire et à relire !

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Wall-E (2008) – Un film tout en contradiction

Wall-E est un film pour lequel j’ai une affection très particulière. Autant j’adore beaucoup de choses dans ce film, autant d’autres choses m’exaspèrent franchement. L’un dans l’autre ça reste un film que j’aime beaucoup pour sa poésie, sa prise de position différente de ce que l’on a l’habitude de voir sur le même sujet.

Synopsis

L’action se situe en 2800 et des poussières. La Terre est devenue une énorme décharge à ciel ouvert, au point que l’humanité s’est trouvé obligée de quitter la planète pour aller vivre dans l’espace dans un énorme vaisseau. Reste Wall-E, un robot conçu par une multinationale (BnL) il y a 700 ans pour débarasser la planète de ses déchets. Initiative qui n’a pas suffit. Notre petit robot se retrouve donc seul dans ce paysage désolé, à continuer sa mission originale. Jusqu’au jour où EVE, une robote conçue pour trouver des plantes, débarque sur Terre. L’existence de Wall-E va alors radicalement changée. Je n’irais pas plus loin dans le scénario pour ne pas spoiler ceux qui ne l’aurait pas encore vu.

Une première partie magnifique

Ce que j’ai aimé dans Wall-E c’est toute sa première partie qui est particulièrement bien maîtrisée par Pixar. L’environnement dans lequel évolue Wall-E est juste magnifique. J’ai eu un réel plaisir à le voir remplir sa tache, à ramasser des objets pour sa collection personelle. Une première partie qui donne lieu à des séquences assez drôles. Par exemple lorsqu’il trouve un écrin, qu’il en jette le contenu pour ne garder que la boîte. Bref Wall-E est attachant.

Là où tout bascule, c’est lorsque Wall-E et EVE quittent la Terre pour rejoindre la station spatiale où les humains se sont retranchés. Le film part alors dans un schéma nettement plus classique et c’est bien dommage. Les péripéties sont attendues, ce n’est pas particulièrement drôle … Bref je me répète mais c’est très classique. Mise à part la scène dans laquelle Wall-E et EVE se livre à une danse improvisée dans l’espace (qui est juste magnifique), tout le reste est très convenu. Alors que tout le début du film laissé présagé un réel chef d’oeuvre, au final on en revient à un bon film. Un court métrage aurait été bien plus efficace et percutant.

Les thèmes abordés

Société de surconsommation

Voila un autre point qui fait que j’ai un ressenti assez partagé sur ce film. Le film est une critique directe de la société de consommation dans laquelle nous vivons. On nous pose un constat évident, que l’on connait tous : les objets que l’on achètent finissent par être des déchets. Il faut du coup pouvoir gérer ces déchets, le fait est que l’on consomme beaucoup plus que notre capacité à gérer tout ça. Sans parler encore de toutes les choses jetées n’importe où dans la nature qui sont un réel problème aussi.

Là où le film à une prise de position intéressante et intelligente. C’est qu’on est pas face à un discours moralisateur préventionniste comme on nous en balance sans arrêt. Mais on nous dit « l’espèce humaine à foiré,on ne peut pas effacer ce qu’on a fait pendants les dernières dizaines d’années. Cependant changer nos habitudes de consommation peut rendre la vie sur notre planète plus acceptable ».

Ce qui en soit est tout à fait vrai, l’ère préindustrielle remonte au milieu du XIXe siècle, il est facilement admissible que l’impact des déchets produits depuis (pour la conception des objets et les objets eux mêmes) ne peut pas être annulé malgrès tous les efforts que l’on pourrait faire.

L’initiative étant tout à fait positive, intelligente et importante, je suis plus mitigé sur certains points qui sont présents dans le film et qui vont complètement décridibilisé ce discours. La première chose qui m’a particulièrement frappé c’est l’omniprésence de la marque Apple dans le film (l’iPod de Wall-E dans son repère, le son qu’il émet lorsqu’il est complètement chargé …). Certes Steve Jobs était un des membres cofondateurs du studio Pixar, mais ça n’empêche que la marque à la pomme est certainement un des plus grands ambassadeurs de la société de SURconsommation de notre monde moderne. Je travaille moi même sur un Mac, j’ai un iPhone 6s, j’ai un iPod et un iPad. Je n’ai donc rien contre la marque. Mais du coup par rapport au message qu’il veut porter je trouve que c’est franchement mal venu.

La technologie comme aide et non comme substitution

Le second thème important du film est la relation entre l’Homme et la technologie. Le but premier de la technologie est de nous aider à faire des choses que l’on ne peut pas faire ou difficilement. Les humains sur Axiom (la station spatiale) cultive une façon de vivre complètement artificielle et programmée. Ainsi tout rapport humain n’existe qu’à travers la technologie. Les chemins sont pré-programmés. Concrètement les hommes n’ont absolument plus conscience de leur nature d’êtres humains et n’agissent que selon un schéma prédéfini. Là où les robots sont dotés d’une intelligence qui les poussent à prendre des initiatives. Toujours dans le but d’accomplir la tâche pour laquelle ils ont été conçus, certes mais leur marge de manoeuvre est bien plus importante.

Conclusion

Pour finir sur cette relativement longue critique, Wall-E est un film parfois génial, parfois moyen. Un bon divertissement familial, qui arrive à traiter d’un sujet important différemment de ce que l’on a l’habitude de voir. Je le recommande vraiment. Ne serait-ce que pour le début du film et les quelques scènes absolument magnifiques que l’on peut y voir.

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